CMDT BOUGOUNI
A l’heure des arrestations !
Le PDG Ousmane Amion Guindo tente de se sauver en enfonçant certains de ses proches collaborateurs. Depuis le lundi 21 janvier, c’est le branle-bas chez les travailleurs de la CMDT de Bougouni où le Juge Traoré en charge du dossier « trafic de graine de coton » au sein de l’unité tient à tirer au clair cette affaire et aussi à situer les responsabilités. Le juge a adressé des convocations à des agents de la Direction générale à Bamako. Parmi ceux-ci, le Directeur commercial, le Secrétaire général du syndicat et le Secrétaire général de la CMDT. Après avoir séjourné deux jours à la prison de Bougouni, le Directeur commercial Boubacar Diagne a été libéré le mercredi 23 janvier 2OO8.
Les arrestations se poursuivent à un rythme qui fait peur aux uns et aux autres. Le PDG de la boîte, commanditaire de ses arrestations pour sauver son fauteuil, est-t-il lui-même à l’abri d’une interpellation du juge ? Si le juge venait à entendre Zakariyaou et le thuriféraire Secrétaire général de la CMDT, le PDG y trouvera également son compte. Ces deux personnes convoquées tardent à se rendre à Bougouni. Tout est en train d’être mis en œuvre pour que M. Danté et M. Zakariyaou n’effectuent pas le déplacement. Faut-il comprendre qu’il y a deux poids deux mesures ? Sont-ils au dessus de la loi pour ne pas répondre à la convocation du juge ?
Après nos articles intitulés « Le PDG et sa belle-sœur fortement impliqués » et « Impunité, quand tu nous tiens ! » parus respectivement dans nos livraisons des 31 décembre 2007 et 7 janvier 2008, tous deux relatifs au trafic de graine de coton, le bouclier a été levé, les langues se délient et le PDG Ousmane Amion Guido s’empêtre dans les dédales de ses agissements maffieux. Pris dans la tourmente d’une affaire que lui-même a déclenché en faisant injustement emprisonner le pauvre Boubacar Diaw, il tente de sauver sa tête et celle de sa belle-sœur. Malheureusement il s’y prend très mal.
En effet, après s être arrangé pour que sa belle-soeur ne réponde pas à la convocation du juge de Bougouni, tout semble faire croire qu’il ait porté plainte contre certains de ses collaborateurs, en l’occurrence le Directeur Commercial Boubacar Diagne et le Chef de Division Autres Ventes Elie Guindo. Ces derniers convoqués par le juge de Bougouni se sont rendus le lundi 21 janvier 2008 dans ladite localité, où ils ont été immédiatement mis sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt.
Un membre du comité syndical de la région CMDT de Bougouni, Mr Cheik Traoré a également été mis aux arrêts. Le juge de Bougouni a envoyé des convocations à deux autres syndicalistes dont Fodé Sogoba de la Région CMDT de Koutiala, déjà jugé et condamné à deux mois de prison avec sursis au niveau du tribunal de Koutiala pour son implication dans une affaire de vol avéré de pièces détachées. Une décision de justice sur laquelle le PDG a fermé les yeux, puisqu’il n’a pris aucune mesure administrative contre les agents coupables de ce vol comme le prévoit l’Accord d’établissement de la CMDT ; tandis que d’un coté, il a monté de faux dossiers de malversations contre des agents innocents, qu’il s’est fait un plaisir de suspendre de fonction et de salaire en toute illégalité comme en témoigne le cas de Boubacar Diaw. Fodé a été déféré à la prison de Bougouni le 23 janvier 2008 ; Zakariyaou Diawara, le fameux Secrétaire Général de la Section Syndicale Filière Coton, celui là même qui a prétendu lors de sa conférence de presse qu’il n’y a pas de mauvaise gestion à la CMDT et qui auparavant a garanti à Son Excellence M. le Premier ministre qu’il y aura des « troubles sociaux assez importants » si les travailleurs de la CMDT ne bénéficient pas de leur plan social.
Quel est le fond de ce nouveau dossier qui survient après celui de Mr Boubacar Diaw ?
Nous indiquions dans nos parutions antérieures, qu’après avoir délivré le bon de 250 tonnes directement libellé au nom de Mme Guindo Mariam Maïga, le PDG et ses complices ont, pour plus de précautions, choisi l’utilisation frauduleuse de l’agrément de Mr Yaya Koné pour sortir la graine de coton à leur propre profit. Aujourd’hui, nous savons que cet agrément a été utilisé à l’insu de son propriétaire. C’est pourquoi M. Yaya Koné a porté plainte. A la suite de cette plainte, le PDG a été contraint de porter plainte à son tour pour ne pas donner l’impression de protéger les personnes impliquées dans ce dossier, et qui sont toutes ses proches.
Les choses se seraient passées de la façon suivante.
A Koutiala, le syndicaliste Fodé prend attache avec un proche de Mr Yaya Koné qui aurait certainement accès à l’agrément de ce dernier. Ils prennent contact avec le syndicaliste Cheick de Bougouni et ensemble ils viennent à Bamako et se mettent d’accord avec le Secrétaire général de la section syndicale, Mr Zakariyaou. Ce dernier les introduit dans le bureau du PDG qui aurait donné son accord pour leur délivrer un bon de 1.500 tonnes de graine de coton. Concomitamment, le lien est bien sûr établi avec Mme Guindo Mariam Maïga.
Par la suite donc, le PDG instruit à la Direction Commerciale d’établir un bon d’enlèvement au nom de l’Huilerie Yaya Koné.
Les responsables de la Direction Commerciale lui font comprendre que l’Huilerie Yaya Koné ne figure pas sur la liste des huileries retenues et pour cause, elle n’était pas encore installée,donc ne pouvait pas bénéficié de la graine, sauf en violant des procédures en la matière. Mais le PDG Ousmane Amion Guindo n’hésite point à fouler au pied les procédures de sa société pourvu que celles-ci entravent la satisfaction de ses intérêts sordides.
Ainsi donc, il insiste et obtient l’inscription de l’huilerie Yaya Koné sur la liste et oblige
la Direction Commerciale à établir le bon d’enlèvement N° 080-2006/2007 d’une quantité de 1.500 tonnes de graine de coton. En parcourant minutieusement les deux documents administratifs que sont l’instruction de livraison N° 74 et le bon d’enlèvement 080-2006 /2007 on se rend compte que ce dernier est daté du23/02/2007.
L’instruction de livraison date du 20/02/2007. En la matière, nous apprenons que c’est le bon d’enlèvement qui est préétabli. Cette pratique a-t-elle été faite pour masquer une anomalie ? Jugez-en vous-même. Une fois le bon livré, sa belle-soeur enlève les quantités à Bougouni, les revend aux Sénégalais et la « bande » se partage les bénéfices de l’opération.
Il n’est donc pas étonnant que Mr Zakariyaou dise qu’il n y a pas de mauvaise gestion à la CMDT ; étant donné que d’autres syndicalistes en complicité avec le PDG et lui-même sont les voleurs de la société.
En quoi consiste ce nouveau montage concocté par la Direction Générale et présenté sous un angle probablement déformé au juge de Bougouni ?
Que peut reprocher le PDG à ses deux collaborateurs qu’il ne puisse pas reprocher à sa propre personne ?
L’audition des intéressés (surtout de Zakaziyaou et Danté) et les investigations du juge permettront certainement d’en savoir plus et plus encore sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. A moins que, plus haut, on ne dessaisisse, le juge Traoré du dossier. Cette éventualité n’est pas à écarter, après l’élargissement de Boubacar Diagne.
Affaire à suivre donc !
Amadou Diakité
CAN 2008
Les Aigles ont en main leur destin
Pour leur première sortie, les poulains de Jean François Jodar ont joué en deçà de leur valeur. Nous avons vu des Aigles méconnaissables, en manque de vivacité et de vigueur. Tout cela est consécutif à une mauvaise préparation. A présent que le vin est tiré, il faut le boire en faisant des bénédictions en ce vendredi saint, face aux Nigérians.
Les Aigles ont gagné leur premier match contre les Béninois sur un penalty transformé par Fredy. Ils pouvaient scorer davantage mais ont manqué de promptitude devant les buts béninois. Face aux « Supers Eagles » du Nigéria les nôtres devront jouer très concentrés, en n’épousant surtout pas le rythme de l’adversaire qui est très physique et dur à cuir dans les duels. Jodar a dû faire une bonne lecture de la confrontation Côte d’Ivoire Nigéria et surtout tirer les enseignements de la piètre prestation de ses poulains.
La défense doit être reconstituée sur la base de l’engagement, de la forme du jour. Il nous faut des défenseurs rapides capables d’enrayer les assauts des virevoltants attaquants du Nigéria et pouvoir contrer leurs frappes de mule.
Tout compte fait, les Aigles ont leur destin entre leurs mains. Il leur revient de jouer à fond collégialement leur partition ,en ayant en tête que le Nigéria n’est pas un foudre de guerre et qu’à ce stade de la compétition, toutes les équipes se valent. Il suffit de croire en ses chances. Les Aigles peuvent réussir mais à condition que Jodar fasse un choix judicieux et responsable en ne mettant pas sur le banc des remplacements, des joueurs comme Torry, Sammy, Drissa Diakité, Mad’Diallo et le petit Dissa.
L’apport de Drissa sur le flanc droit sera déterminant pour appuyer l’attaque. La vivacité de Mad’Diallo donnera du tournis à la défense Nigériane. Dissa est un joueur de culot, qui titille l’adversaire dans ses 18mètres. Le Mali a besoin d’un tel attaquant qui va au charbon. Nous ne ferons pas de commentaire sur la détermination de Sammy et Torry. Ensemble, soutenons nos Aigles ! Ils ont besoin de cela. Les Maliens fondent assez d’espoir sur cette participation.
C’est pourquoi, les nôtres se doivent de jouer soudés pour qu’à l’heure du bilan, ils ne reprochent rien à leur… conscience.
Tiémoko Traoré
AIDE AUX PARTIS POLITIQUES
La grise mine de certains Etats-majors
Le conseil des ministres en sa session du mercredi 23 janvier 2008 vient d’officialiser les partis politiques bénéficiaires de l’aide. Grande aura été la surprise de constater que sur la multitude de partis, seulement six remplissent les critères. Il s’agit de l’URD, de l’UFD, du RDR, du MPLUS RAMATA et du MPR.
Cette annonce est au centre des causeries depuis le jeudi matin. Ce sont des militants ébahis de l’ADEMA, du RPM, du CNID, du PARENA, du MIRIA, de l’US-RDA, du SADI qui cherchent à comprendre ce qui a pu se passer pour que leurs dirigeants ne tiennent pas, par exemple une comptabilité des activités de leur formation politique.
Les partis politiques, à l’instar des particuliers sont enclins à ne pas se soumettre aux règles éditées par la fiscalité de notre pays. Les déclarations de
revenus ou toute forme de déclarations dont ont besoin les services de l’assiette, sont dissimulées. Généralement, on veut tout de l’Etat mais on n’oublie qu’on a aussi des devoirs envers
lui.
La non retenue des grands partis comme l’ADEMA PASJ, l’USRDA, le CNID FYT, le RPM, le PARENA prouve si besoin en était que nous avons à faire à des organisations non structurées où la sincérité
des dossiers est douteuse.
On ne saurait crier à l’ostracisme dans la mesure où les partis membres de l’ADP et ceux du FDR sont concernés.
Cette disposition du gouvernement est à saluer et va permettre à non partis politiques de se conformer à la réglementation en vigueur, pour au moins
bénéficier de ce précieux cadeau derrière lequel ils courent toujours, et sont prêts à pactiser avec le diable. Pourquoi cache-t-on à l’Etat l’origine
des ressources des partis, alors qu’on clame haut et fort bonne gouvernance et transparence ?… Pourtant, il faut accepter de tenir une comptabilité transparente et sincère.
Il serait souhaitable d’entendre cette mesure à toutes les structures bénéficiant de l’aide de l’Etat.
Tiémoko Traoré
RPM
Déjà un parti né de ses entrailles
Au sortir des élections générales de 2007, la secousse continue à se faire sentir au sein des partis politiques. Au Rassemblement Pour le Mali que préside l’honorable Ibrahim Boubacar Keïta, nombre de mécontents s’étaient retirés du parti en commune II. Le parti des tisserands continue ainsi avec sa mue. Une crise de croissance qui s’explique par l’absence de véritables débats au sein du parti. Cette crise est inhérente à tous les partis à un moment de leur existence.
Le week-end dernier, un nouveau parti politique a été porté sur les fonts baptismaux. Certes, les fondateurs de ce parti FDM-MNJ n’ont pas encore le récépissé de création, mais il est un fait qu’il s’est tenu une assemblée générale constitutive de ce parti dirigé par le Dr. Harouna Sissoko, un transfuge du RPM. En soi, la création de ce parti a un sens clair. C’est le refus par ses fondateurs de cautionner certaines pratiques politiques. Ainsi, sans tambour ni trompette, le Front pour le Développement du Mali Nèta Jékulu a été lancé le samedi 19 janvier au centre culturel Islamique de Hamdallaye. La création de ce parti était-elle opportune, à un moment où on ne cesse de décrier le nombre trop élevé de partis politiques au Mali ?
Les fondateurs du parti sont sans doute les mieux placés pour répondre à la question. Mais, au sein de
l’opinion publique, on s’interroge sur les conséquences que cette scission peut avoir sur le RPM, un parti qui, depuis la veille des élections, pataugeait dans les méandres de la division. On ne
peut rien jurer à ce sujet quand on sait que le président du nouveau parti semble être un acteur politique dont on ignore la popularité, les moyens financiers dont il dispose, puisqu’en
politique, cela est déterminant. Dr Harouna Sissoko aura-t-il l’aura politique nécessaire pour l’implantation de son parti sur toute l’étendue du territoire national ?
Va-t-il être suivi par d’autres cadres ou militants du RPM dans sa section ou ailleurs sur l’étendue du territoire national ? Ce sont autant de questions dont les réponses édifieront mieux
sur l’avenir de ce parti, mais aussi sur les conséquences de son initiative sur le RPM. Mais d’ores et déjà, ce serait une erreur pour les responsables du parti de minimiser ses failles qui
pourraient se révéler plus profondes qu’on peut l’imaginer.
Ce qui est clair, c’est que les fondateurs du parti auront du pain sur la planche face à la réalité d’un environnement qu’on peut qualifier de saturer. Au moins que Dr. Harouna Sissoko et ses compagnons démontrent le contraire. Pour ce faire, il leur faudra beaucoup de courage, d’imagination et de dynamisme. Aussi, il faudra attendre de connaître avec qui le président du FDM-MNJ est pour voir clair dans ce qui adviendra.
Tiémoko Traoré
MINISTÈRE DE L’EQUIPEMENT ET DES TRANSPORTS
Ahmed Diane Séméga comble les attentes
Nous n’avons pas l’habitude d’être tendre avec lui. Mais pour cette fois nous saluons sa venue à la tête de ce département stratégique pour le développement du Mali. Dérangeant pour les paresseux, Séméga jouera à fond sa partition. Cependant, dans le District, il rendra un énorme service aux usagers, en donnant un coup de pouce aux responsables de la mairie du district avec la mise en marche des feux de signalisation. Ces feux, une fois en état de marche, réduiront sûrement les accidents à travers le District de Bamako.
Un choix éclairé pour un homme de terrain
Ahmed Diane Séméga, après le département de l’Energie des Mines et de l’Eau où il a laissé ses empreintes, a été nommé dans l’équipe gouvernementale de
Modibo Sidibé à la tête du Ministère de l’Equipement et des Transports.
Ce choix n’est pas fortuit, car Ahmed Diane Séméga est réputé homme de terrain. Depuis son arrivée au Ministère de l’Equipement et des transports, on reconnaît l’artisan à l’œuvre. Infatigable,
l’homme est sur tous les chantiers du développement. Et, comme on le lui reconnaît, il préfère être sur le terrain pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux. Les équipes chargées de la
réalisation des ouvrages savent à quoi s’en tenir. Ahmed Diane Séméga pour ces qualités de superviseur hors pair, est sans doute l’une des personnes les mieux indiquées pour conduire les
activités des départements où il est nécessaire de maintenir constamment les contacts avec les chantiers ouverts dans plusieurs localités du pays.
En effet, les grands chantiers destinés au développement des infrastructures routières, des ponts et barrages occupent une place de choix dans le
Programme de Développement Economique et Social du président Amadou Toumani Touré. Cela est pertinent quand on sait que le développement des infrastructures désenclavement est indispensable dans
les activités de développement socio-économique. Car, il permet de relier les zones de productions à celles de commercialisation ou de consommation généralement urbaines. La nomination de Ahmed
Diane Séméga rassure le président de la République quant à la mise en œuvre efficiente et dans le respect des calendriers des aspects du PDES relatifs au développement des infrastructures.
Le ministre qui a conscience des charges et la responsabilité qui sont les siennes, ne ménagera aucun effort, pour mériter la confiance placée en lui. A quelques mois déjà après sa nomination, il
conforte l’opinion publique dans sa conviction qu’il sera à la hauteur des missions qui lui sont confiées.
Sinaly
CIRCULATION ROUTIÈRE
Et si l’on cultivait le civisme ?
Aujourd’hui, la circulation a atteint son paroxysme au centre-ville de Bamako, notamment aux heures de pointe. Bouchons interminables, coups de klaxon
irrités, conducteurs au bord de la crise de nerfs et stressés par la fin d’une journée épouvantable…
Mais au lieu de contribuer à alléger la situation et à favoriser une meilleure fluidité du flot, certains conducteurs préfèrent « jouer du
coude » slalomant de gauche à droite pour être en tête de file. Parfois, ils provoquent un véritable cafouillis, se retrouvant bloqués eux-mêmes et bloquant là même les autres
véhicules et motos.
Tout est donc question de civisme et ce civisme, nous devons le cultiver.
A cet égard, les exemples de l’incivisme, de l’égoïsme, c'est-à-dire du manque de civisme et de sens de la vie communautaire, se multiplie au quotidien. Effarant mais vrai
Ainsi, cet automobiliste n’a pas trouvé mieux que de garer son véhicule en épi dans une rue étroite du grand marché de Bamako pour aller faire du shopping dans une boutique à quelques centaines de mètres de son véhicule. Quant aux autres automobilistes, ils n’avaient qu’à prendre leur mal en patience, la file indienne constituée attendit que « Monsieur le semeur de bouchons » finisse de faire son choix dans le magasin, vienne démarrer et parti, nullement gêné et sans excuse pour la cohorte des autres usagers de la route.
Résultats : des regards en chien de faïence, prêts à l’invective et à l’agression physique.
Certes, la ville de Bamako, dans la situation de son aménagement actuel, n’arrive plus à contenir et à drainer ce flot. Cependant, ne sommes-nous pas
responsables de cette situation dans la mesure où un zeste de savoir-faire et quelques gouttes de civisme nous amèneraient à céder un passage, à ne pas chercher à dépasser les autres par tous les
moyens, des gestes qui contribuerons largement à faciliter la vie à tous les conducteurs.
Il vaut mieux perdre une minute et rentrer saint et sauve chez soi que de se faire transporter de facto au service d’urgence.
Que le Ciel nous en préserve !
Adama Diarra
MENDICITÉ
Un fléau grandissant
Au Mali, comme un peu partout en Afrique ou même au-delà du continent noir, la mendicité est en train de devenir une véritable institution. Un mode de vie pour certains, une fatalité pour d’autres, la mendicité prend diverses formes. Lépreux, malades physiques, veuves, orphelins, talibés, couples non-voyants, … quel autre choix que de tendre la main ? Tout ce beau monde en a fait un fonds de commerce, une activité génératrice de revenu bien prisée ces derniers temps
De nos jours, la mendicité a atteint son paroxysme à Bamako aussi bien que dans les autres villes du Mali : Mopti, Sévaré, Ségou, San…
En effet, ces mendiants sont dans tous les lieux publics : de la gare routière de Sogoniko, en passant par les carrefours via les portes d’entrée des mosquées. Ils sont omniprésents.
Les talibés ont longtemps occupés la tête de file des mendiants, mais ces temps-ci, les personnes âgées bien portants, des jeunes garçons, des adultes ont volé la vedette aux élèves d’école coranique. La preuve, il suffit de faire un tour au centre-ville ou n’importe quel endroit de Bamako pour se rendre compte du fléau grandissant. Les services publiques, les mosquées, les stations d’essence, les marchés, les carrefours bref tous les points de rencontre, ils sont là, avec les mains tendues, les yeux pitoyablement fixés, de la douce chansonnette au bout des lèvres, en gros, tous les ingrédients sont réunis pour éveiller l’instinct généreux, humain et sentimental du passant.
La hache au cou
De plus en plus, de jeunes gens se faufilent entre véhicules et motos, en pleine circulation, leurs styles à eux : accrocher la hache au coup pour mendier. « Je ne suis pas un fainéant, je cherche du travail, c’est pourquoi je porte la hache au cou. C’est tout juste pour indiquer aux gens que je ne suis pas dans la mendicité pas simple plaisir » a expliqué nerveusement un jeune d’environ 16 ans. Pire, la plupart d’entre eux sont encore plus jeune. Ce phénomène nouveau frappe durement le commun des mortels qui les rencontrera dans les bouchons, aux heures de pointe. Tantôt, c’est un jeune homme au coin d’un feu rouge, vêtu d’habits déchirés et sales, les pieds nus, une boite de tomate à la main transformées pour la circonstance en pot, l’air abattu, se faufilant entre les véhicules et tendant désespérément la main vers les passant. Telle est la description poignante de ce que l’on appel ici au Mali « Garibou », un mot peulh dérivé de l’arabe. Cette mendicité des garibous est un phénomène socioculturel et religieux très vieux dans notre pays et même chez nos voisins guinéens, Burkinabés, Sénégalais, Nigériens…
En effet, cela entrait dans la formation des pensionnaires des écoles coraniques dans le passé ; mais aujourd’hui, force est de reconnaître que c’est devenu un véritable fonds de commerce pour les marabouts sans scrupules. Ces marabouts qui exploitent fièrement ces jeunes garçons, souvent avec la complicité de certains parents bornes. Pour les parents de ces enfants « garibous » c’est un moyen de guider les pas de l’enfant sur le chemin de Dieu… Cependant, les parents ignorent l’abus de confiance dont ils font objet. Car, des marabouts imposent à ces enfants une certaine somme d’argent par jour. Peu importe les moyens par lesquels ils gagneront ladite somme. L’argent n’a pas d’odeur dit-on. En réalité, ces garibous ne connaissent rien de la religion, mais ils passent plus de temps à tendre l a main qu’à apprendre la théologie on le coran. Ils passent toute une journée à répéter le même chapitre ou verset du coran. Quel avenir pour ces pauvres enfants dans un monde dont la roue tourne au rythme de la globalisation ?
La proie de tous les dangers
Abandonnés, sans aucune protection dans les rues, sur les grandes artères, ces enfants et femmes sont la proie facile des pédophiles, des proxénètes et
d’autres réseaux de trafic d’enfants et d’organes. Les cas des mendiants entraînés dans des activités de pédophilie sont souvent relatés dans les pages faits divers des journaux.
Face à cette situation, l’Etat et ses partenaires sont loin de la porte de sortie de l’auberge, car ces mendiants (l’écrasante majorité) se tapent du pognon à l’insu des donateurs, plusieurs
miettes par jour se transforment en une fortune colossale à l’heure du décompte.
Des gérants de pharmacies et de stations d’essence peuvent le confirme. Ils font la monnaie avec certains mendiants le petit soir.
Aussi, il faut le dire, ceux qui donnent des jetons, ne font qu’encourager la mendicité, ce qui représente un recul pour l’économie du pays.
Adama Diarra
CAFO
Quel sort pour Oumou Touré ?
Depuis bien longtemps, la Secrétaire exécutive de la Coordination des Associations féminines et des ONG est dans l’œil du cyclone. Les raisons évoquées par ses détracteurs sont multiples et variées : scandale financier, discrimination raciale pour ne citer que ces deux.
Dès lors, la CAFO est devenue un bateau avec deux commandants à bord.
Conséquences : Tiraillements et chavirements dans les eaux troubles de l’histoire de la CAFO.
En effet, le dernier communiqué du comité de réconciliation nous informe qu’un congrès sera organisé dans les jours à venir. La tenue de ce congrès est plus ou moins considérée comme la seule issue de secours. En tout cas, c’est le moins que l’on puisse dire. Cependant, il y a des préoccupations à ce niveau :
Quel sort pour Oumou Touré ? A-t-elle une chance pour rempiler un second mandat ? Vu le rang dispersé qu’elle a derrière elle, sa réélection comme
Secrétaire exécutive de la CAFO serait bien difficile à moins qu’il y ait arrangement ou accord de dernières minutes.
Cela est aussi une hypothèse à ne pas écarter.
Mais, il faut reconnaître qu’elle aura en face d’elle, une opposante de poigne Oulématou Sow qui l’attend au tournant avec une force de frappe sans
pitié. Cette dernière à dans son rang de grosses pointures (Nana Coulibaly, Kadiatou Traoré, Mamadou Ivan Diallo et autres)
Vu tous ces facteurs, le prochain congrès de la CAFO s’annonce très mal pour Oumou Touré et se tiendra certainement sous haute tension. Il faut dire que la
CAFO est sombré dans un profond coma depuis les évènements de la crise précédente. Donc, ce prochain congrès est vu comme le bout du tunnel, pour d’autre la fin du règne de l’ancienne Secrétaire
exécutive.
De toute façon, seul le temps nous le confirmera ou infirmera.
Affaire à suivre donc !
Adama Diarra
APE
Un véritable poison pour l’Afrique !
Qu’est-ce que nous avons fait à ces gens là ?
Avant-hier c’était l’esclavage, bien la colonisation, aujourd’hui où nous sommes indépendants, ils reviennent à la charge avec Accords de Partenariat Economiques. Pourquoi cet
harcèlement ? Les Accords de Partenariat Economiques (APE) que l’Europe veut entreprendre avec l’Afrique n’avantagent qu’elle.
En effet, en dépit de ses abondantes ressources agricoles, minérales et énergétiques, l’Afrique ne peut pas concurrencer l’Europe sur le marché
international. L’Afrique, continent en voie de développement ne peut pas se permettre, à l’heure actuelle, de se mesurer à l’Europe. Les Européens
eux-mêmes le savent très bien. La proposition des APE ne nous chante pas ! Nous sommes sur un terrain où il y a deux forces inégales. Les
Européens peuvent déverser sur le marché africain des produits manufacturés en quantité énorme alors que l’Afrique est matériellement limitée, elle ne peut pas en faire autant pour l’Europe.
Dans ces conditions, c’est l’Europe qui gagne et profite. Nos produits seront étouffés, nos industries balayées et en corollaire nos économies désorganisées. Et nous vivrons désormais à leurs
dépens.
Il est bien vrai que quand le marché est inondé des produits, les prix baissent. Mais il n’est pas évident que cette baisse des prix sera continuelle. Le
système de «dumping» fera disparaître les faibles et les « forts » rehausseront les prix plus tard. Le rejet des APE nous paraît à
juste titre justifié.
L’Africain n’est plus dupe. Ceux qui ont accepté les APE ont commis une erreur historique qu’ils regretteront plus tard.
Nous ne pouvons pas leur faire un procès d’intention. Ils sont libres. N’oublions pas que l’extérieur nous influence et nous téléguide. Résister à ce vent n’est pas facile.
Si l’Europe veut être avec nous, si elle veut réellement nous aider à nous développer comme elle le prétend, nous lui demandons de revenir à la table des négociations et qu’elle revoie sa copie
aussi bien dans le fond que dans la forme. Il faut trouver des solutions durables qui nous arrangent tous et non tirer la couverture de son côté.
Kalemba Mwamba
Professeur au lycée Moderne Elite,
Lafiabougou