Vendredi 09 novembre 2007
Fête de l’artisanat et du tourisme du Mali à Paris
Un haut lieu de valorisation de notre artisanat
Du 31 octobre au 6 novembre 2007, le Mali était à l’honneur dans la capitale française, Paris à l’occasion de la fête de l’artisanat et du tourisme. Ce grand
évènement artistique et touristique initié par le ministère que dirige N’Diaye Bah, a été un haut lieu d’affaires, d’échanges, du donner et du recevoir, et de rayonnement de l’art malien.
Pour la 7ème édition, c’est 70 artisans de tout les corps de métier qui ont pris part à cette fête hautement appréciée par les 17000 visiteurs,
même si l’évènement se tenait à un moment où les salariés n’étaient pas payés.
Le lendemain de l’ouverture du salon d’exposition, une table ronde sur les actions promotionnelles en faveur des produits artisanaux a réuni les ministres
malien et mauritanien de l’artisanat et du tourisme et les partenaires dans une salle logée au sous sol de la bourse de commerce de Paris.
En introduisant le thème, le ministre malien de l’artisanat et du tourisme N’Diaye Bah a rappelé l’objectif que les plus hautes autorités du pays se sont fixés, à savoir faire de l’artisanat un
secteur prioritaire pour sa croissance économique, pour sa capacité à créer des emplois décents et durables, et à générer des ressources.
Il a informé la partie mauritanienne et les partenaires que le secteur de l’artisanat occupe 46% de la population active et contribue à hauteur de 10 à 15% du PIB.
Le ministre N’Diaye Bah a également informé les participants à la table ronde, des dispositions prises par son département en vue de promouvoir et développer ce secteur.
Il a conclu que toutes les actions entreprises, connaîtront une plus grande ampleur dans le cadre du schéma directeur de développement de l’artisanat en
cours d’adoption. Selon le ministre, le développement de l’exportation des produits artisanaux peut aider à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté. Aussi indiquera-t-il que le
volet promotion des produits artisanaux par l’exploitation, constituera un axe majeur des nouvelles orientations du développement de l’artisanat au Mali.
Le ministre mauritanien de l’artisanat et du tourisme, Madine Bâh, invité d’honneur de son homologue, a indiqué que le secteur de l’artisanat n’a jamais connu un cadre organisationnel qui puisse
lui permettre de se mouvoir dans la sphère internationale, dans l’activité de l’artisanat. « Jusqu’au mois d’avril 2007 l’artisanat et le tourisme
étaient en Mauritanie une activité qui était annexé à un département global du commerce. Actuellement, la politique que nous menons, c’est de définir
en tout point de vue donner une valeur économique à notre patrimoine artisanal », a fait savoir Madine Bah. Le ministre a aussi partagé avec les participants, les grands chantiers de
son département pour faire de ce secteur, un secteur économiquement viable.
Tour à tour, MM. Thiam, directeur du projet d’appui aux sources de croissance et Haïdara, directeur du projet de développement du secteur de l’artisanat
(financé par la BOAD), ont présenté leurs différents services.
Les partenaires ont mis l’accent sur les axes de coopération, évoqué les actions éparses et insisté sur le compagnonnage artisanal. Partant des actes d’intervention de la coopération française,
les partenaires diront que les petites entreprises sont aujourd’hui un axe important de la coopération français en matière d’appui au secteur privé.
Le président de la Chambre des Métiers du Mali, Gaoussou Fofana a salué et remercié les partenaires de l’Union Européenne. Il a indiqué que c’est à partir du
secteur informel que l’on pourra développer le Mali.
La représentante des beaux arts de la méditerranée a surtout mis l’accent sur ce patrimoine vivant qu’est l’artisanat, mais aussi parlé de sa protection et
de sa labellisation. En ce qui concerne la protection du patrimoine artisanal, elle a déploré le manque d’instruments juridiques qui puisse permettre aux artisans de mieux connaître leurs droits
et devoirs.
Après la restitution de la table ronde, les ministres malien et mauritanien de l’artisanat et du tourisme ont procédé à des échanges de documents et de
cadeaux.
Défilé de mode
Il a drainé assez de monde parmi lesquels des Africains et des Européens. Mariétou Dicko et Pedro Mimi Kouyaté, deux stylistes maliens ont, de part leur
création et présentation, émerveillé l’assistance avec des motifs divers.
Si Mariétou Dicko n’est plus à présenter, force est de reconnaître que Pedro Mimi Kouyaté, est à sa première participation à un tel évènement ; et a été assez ovationné, très admiré par le
travail qu’elle a accompli. Pour un coup d’essai, ça été une réussite totale.
Association Benkadi
Un des temps forts de cette fête de l’artisanat aura été le déjeuner offert le dimanche à l’ensemble des exposants et visiteurs par notre compatriote,
Mme Griponne Bintou Demba. Près de 300 plats de riz, de diouka, de couscous, bref des mets du terroir ont été dégustés par les participants et les non Maliens. Les Européens étaient curieux de déguster ces plats et ne cessaient de faire les va et vient.
Ils ont aussi pu apprécier les délices que l’on ressent après avoir consommé le bissap.
Tiémoko Traoré
Envoyé spécial à Paris
Réaction de visiteurs
Les rideaux sont tombés le mardi 6 novembre 2007 à la Bourse de commerce de Paris, sur la 7ème édition de la fête de l’artisanat et du tourisme du
Mali.
Pendant toute une semaine, le Mali par le biais de ses artisans, était à l’honneur à Paris, où les visiteurs n’ont cessé de défiler pour voir, apprécier le talent de nos artisans et prendre des
contacts fermes avec les exposants et les structures d’accompagnement. A chaque édition, l’affluence augmente suite à l’engouement que suscite la fête auprès des populations de Paris et de sa
banlieue.
Au sortir de la visite des stands, nous avons recueillis les avis de certains visiteurs.
Mme Adina, française
J’ai vu beaucoup d’art et des objets magnifiques qu’on ne rencontre pas forcément en France. Je viens de la Réunion et j’avoue qu’on n’a pas du tout ça. J’ai
rencontré des gens sympathiques qui renseignent sur l’artisanat qui n’est malheureusement pas véhiculé ici. Je rentre très satisfaite de ce que j’ai pu voir.
Kanté Malick
Ce qui m’a le plus marqué, c’est de me replonger dans mon enfance où une tante installée au Mali nous envoyait tout sur le « bogolan ». Je serais ravi de revenir. Il faut perpétuer cette expérience.
Alain Odondo, sénateur au 1er siège du 1er arrondissement de Libreville au Gabon, conseiller politique du
maire.
Je voudrais d’abord dire bravo aux exposants, aux organisateurs. Cela représente l’Afrique. Vous avez vendu bien l’image du Mali, mais également de
l’Afrique. C’est la caméra qui me manque. Je voudrais filmer et à mon retour, en parler aux autorités de mon pays pour s’en inspirer. Il faut aussi imiter ce que les autres font surtout quand
c’est bien fait. Je suis satisfait car cette fête représente l’Afrique et en particulier le Mali. Bravo, c’est une bonne chose.
Mme Bagayogo Niamé
Ce salon est très important pour la communauté malienne, les amis du Mali. Toute la communauté malienne
est heureuse d’être ici pour se ressourcer, faire des achats et revoir des amis.
Mme Patricia
J’ai vu l’artisanat, les bijoux, les robes, les statuettes. C’est la première fois que je viens dans un endroit pareil. Je pense qu’il serait sympa de le
redécouvrir
Corinne De Genda, française
J’ai constaté une extrême diversité des formes, des couleurs, une créativité qu’on ne voit pas ici en France. Il y a vraiment une possibilité presque infinie
de composition au niveau des tissus, des bijoux, des sculptures, bref une richesse qui évolue. Il est impératif de perpétuer la fête qui est une occasion de faire mieux connaître la tradition. On
sent qu’il y a une créativité qui se répercute.
Chève Alain Chevalier
Je trouve l’exposition extrêmement intéressante. C’est vrai que ce n’est pas très varié. On trouve les mêmes choses. Tout est beau. En plus, il y a de
belles femmes. Il faut continuer à rechercher de nouvelles inspirations. L’atmosphère et l’ambiance sont chaleureuses.
Sidy Bah, informaticien à Nantes
C’est une très bonne initiative qui nous permet de revoir toutes les valeurs maliennes. On est fier de ce genre d’initiative venant des autorités
maliennes. Elle est à saluer et à encourager. On ne peut que se réjouir de la tenue d’une telle fête dans un pays comme la France. Il serait bon de fêter dans un pays comme la France. Il serait
bon de faire une rotation dans les autres villes de la France.
Mme Ba Abissatou, secrétaire médicale
Je constate qu’on n’a pas perdu nos valeurs. J’aime vraiment ça ; on retrouve notre pays le Mali. L’organisation a été impeccable mais si on pouvait se
déplacer hors de Paris, ce serait bon.
Foued, Algérien
C’est une très bonne organisation que j’ai vue, avec beaucoup de diversité dans les produits. La communauté malienne est formidable. On espère
inch’allah que l’année prochaine ce sera encore mieux.
Mme Kane Mariam Thiam
J’avoue être impressionnée. D’années en années, cette action se développe de mieux en mieux. C’est vrai que c’est une grande rencontre, un rendez-vous
parisien. C’est quelque chose de magnifique qui fait la promotion de l’artisanat et le tourisme malien. Je pose la question de l’implication de la diaspora dans l’organisation de ce genre d’évènement. Il serait judicieux d’organiser à travers des associations qui s’impliquent dans ce domaine ou qui souhaiteraient recevoir les artisans à
partir de cet évènement central, qui sera le point focal pour la rencontre et que ça puisse s’étendre un peu sur différentes communes avoisinantes. Pourquoi pas en Europe ? Cela permettra de
mieux donner l’implication de la diaspora, mais aussi faciliter la publication des évènements. Le développement sera bénéfique pour les artisans et les Maliens.
REACTIONS DES EXPOSANTS
A quelques heures de la clôture officielle du salon, le mardi 6 novembre, nous avons approché certains exposants pour savoir s’ils ont fait de bonnes
affaires ou pas.
Arouna Doumbia, bijoutier maison des artisans
Pour cette 7ème édition, les affaires n’ont pas tellement bougé comme on s’y attendait. On est déjà à la fermeture. Les visiteurs disent
qu’ils n’ont pas perçu leurs salaires. On est tombé sur un mauvais moment. Le département doit voir cet aspect de la chose, en choisissant le bon moment.
Lassine Camara, sculpteur à Bamako
Je suis à ma 4ème participation. Cette année c’est passable, sans oublier que nous sommes en été. Le moment n’a pas été bien choisi. J’ai fait des
recettes moyennes.
Sinaly Diakité, maroquinier
Je suis à ma première participation. L’accueil et l’organisation étaient impeccables. Je n’ai pas vendu assez. Je ne suis pas tout à fait satisfait.
Mme Diarra Astou Koïté, directrice de femmes Bollé
Je suis à ma deuxième participation. En 2003, j’avais été invitée par Mme la ministre Walet pour participer en tant qu’organisme d’état à la foire des
artisans. Cette foire m’a donné à réfléchir sur plusieurs plans. La rencontre avec les artisans m’a ouvert les yeux sur les différentes possibilités que je peux exploiter dans le cadre de la
réinsertion des détenus, c'est-à-dire la fabrication d’autres produits (bogolan, teinture).
J’ai côtoyé les grands artisans et leur expérience m’a beaucoup apporté. Cette fête de l’artisanat a été une grande expérience pour moi. Elle est positive et il va falloir continuer tout en
impliquant les secteurs d’Etat. Il faut à l’avenir, associer les organismes d’Etat.
Mme Bolly Madina, vendeuse de basin et d’encens
Je viens pour la deuxième fois à cette fête. Par rapport ma première participation, je trouve que cette fois-ci ça m’a pas été un succès. Je trouve que le
moment n’a pas été bien choisi. On est venu au milieu du mois. Les gens n’avaient pas été payés. Il y a beaucoup de gens qui viennent regarder et partir. J’ai surtout vendu à Evry. A Paris, c’est
un peu lent.
Mme Coulibaly Niama Cissoko, vendeuse de basin
C’est la 4ème fois que je participe à la fête. J’ai pu vendre quelques tissus. Des gens ont passé des commandes auprès de moi. Je suis satisfaite,
tout compte fait.
Mme Korotimi Traoré, exposant de Ségou
Apparemment, je dirais que ça a marché plus que l’an passé. Les produits amenés sont plus nombreux que ceux de l’an passé. J’ai vendu et tisser des
relations avec quelques grossistes qui ont payé mes produits. Ils m’ont donné des contacts pour d’éventuelles commandes. Je peux dire que ça va, pour cette année.
Rassemblés par
Tiémoko Traoré
La BDM-SA présente aux clients les cartes
visa
La Banque de Développement du Mali SA, sponsor officiel de la fête de l’artisanat et du tourisme du Mali à Paris depuis 2003, était là encore aux côtés
du ministère, pour non seulement prouver sa détermination et son engagement à accompagner le gouvernement dans son combat contre la pauvreté, mais également pour faire la promotion de ses
nouveaux produits.
Banque de proximité, depuis quelques années, le souci des responsables de la BDM-SA a été de se rapprocher davantage de la clientèle et de leur offrir des
produits de qualités qui n’ont rien à envier aux institutions bancaires des pays développés.
Les visiteurs n’ont cessé, du 31 octobre au 6 novembre 2007, de se diriger vers le stand de la BDM-SA, dirigé par Mamadou Sory Coulibaly dit Bébé.
Par notre présence discrète sur ce stand, nous avons pu voir des Maliens de France s’enorgueillir par cette initiative de la BDM. Ils étaient nombreux à
venir s’enquérir des produits que la structure met à leur disposition pour leur permettre de faire des envois au Mali et comment faire des retraits dans la facilité, et en toute garantie une fois
de retour.
Il s’agit des cartes visa, une sorte de distributeur automatique de billet que la BDM-SA s’apprête à rendre effectif sous peu, afin que les clients soient
aussi proches de leurs comptes. Le nouveau produit présenté par le représentant de la BDM à cette 7ème édition de la fête de l’artisanat est un moyen de paiement rapide pour les Maliens de
l’extérieur à l’occasion de leur déplacement. Les clients maliens connaîtront bientôt ce nouveau produit que la BDM-SA compte lancer officiellement en
début d’année. C’est dire que le PDG Abdoulaye Daffé et l’ensemble des travailleurs de la BDM-SA, travaillent à rendre la structure de plus en plus performante afin de pouvoir combler les
attentes des uns et des autres, tant à l’intérieur qu’à extérieur.
Rappelons que la BDM-SA a financé de nombreux projets de Maliens de l’extérieur. Ceci est une des préoccupations des plus hautes autorités du Mali, à
savoir investir au pays. Puisse d’autres structures bancaires rejoindre la BDM-SA dans ce formidable travail de rapprochement des fils du Mali. Tout compte fait, la BDM-SA fait du bon
travail.
Tiémoko Traoré
Envoyé spécial à Paris
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET LA DELINQUANCE FINANCIERE
A quand la mise en marche de la machine judiciaire ?
La corruption et la délinquance financière sont des pratiques courantes au Mali sans pourtant être l’apanage de notre pays.
En effet, partout à travers le monde, tant dans les pays développés que dans ceux en voie de développement, ces pratiques existent.
Elles sont présentes à tous les niveaux, dans l’administration comme dans le secteur privé. Les différents pays fournissent de gros efforts dans le cadre de cette lutte. Aussi, des sommes
faramineuses sont investies afin d’arriver à bout de telles pratiques qui compromettent les efforts de développement. Le cas du Mali est une illustration éloquente.
En effet, quand ATT est arrivé au pouvoir en 2002, il a honoré son engagement de lutter contre la corruption et la délinquance financière. Cela devait passer par le renforcement des structures de
contrôle de la gestion des services publics. C’est ainsi que le Bureau du Vérificateur Général a été créé, malgré les réactions parfois violentes de certains, qui avaient estimé que la structure
était budgétivore, sinon inutile. Aussi, avaient-ils redouté qu’elle empiéterait sur les prérogatives des autres services de contrôle, à commencer par le contrôle interne des services publics et
le contrôle général d’Etat.
Mais, quelques années après, il n’y a rien eu de tout cela. Au contraire, le bureau du vérificateur général s’est révélé une structure très dynamique, puisque les vérificateurs, au terme de
nombreuses missions effectuées, ont décelé plusieurs irrégularités dans la gestion de la plupart des structures visitées. C’est ainsi que plusieurs dossiers portant sur des irrégularités
multiples et diverses ont été ficelés. Et, à l’issue de la publication du dernier rapport du bureau du vérificateur général, le président de la République a explique que 108 dossiers sont
transmis à la justice, afin de lui permettre de faire son travail en toute indépendance en prenant en compte la présomption d’innocence jusqu'à ce que la culpabilité des uns et des autres soit
établie. Mais, de cette date à ce jour, les acteurs politiques et représentants de la société civile sont impatients, tant la machine judiciaire tarde à démarrer pour la manifestation de la
vérité. Si rien n’est fait, beaucoup de gens continuent à croire que la lutte contre la corruption et la délinquance financière est un vain mot.
D’ailleurs ces temps-ci, certains vont jusqu’à faire croire que des cadres qui viennent d’être remplacés dans le gouvernement, traînent des casseroles. Pour
mettre fin à toutes les suspicions et supputations, il vaut mieux engager la croisade contre la corruption et la délinquance financière. L’ouverture de ces dossiers par la justice est aujourd’hui
fortement réclamée car, elle permettra sans doute de calmer les ardeurs de beaucoup de gens qui s’agitent beaucoup. On a d’ailleurs l’impression que leurs agissements visent l’objectif de
dissuader, de retarder l’ouverture de certains dossiers. Dans tous les cas, il est impérieux que les rapports du vérificateur général soient exploités pour que la fortune investie dans
l’entretien du bureau du vérificateur général et de son personnel ne soit point un gâchis.
Tiémoko Traoré
SOULEY KANTE, ARTISTE MALIEN EN FRANCE
Le nouvel album « France sigui ka guêlè » bientôt sur le marché
L’enfant de Sikorolé dans le cercle de Yanfolila est depuis 2005 à Paris, France où il continue à mener ses actions. A l’occasion de notre séjour parisien,
nous avons rencontré Souley Kanté, auteur de nombreux albums au Mali.
Le Pouce : Que faites vous à Paris ?
Souley Kanté : Je suis ici pour réaliser mon nouvel album. Quand je suis arrivé à Paris, j’ai pris contact avec un producteur malien installé en France, du nom de Abou Kouyaté. En
compagnie de mon arrangeur Mahamane Tandina, nous avons engagé les pourparlers afin de réaliser mon album.
Le Pouce : Quel est le contenu exact de cet album?
Souley Kanté : L’album parle surtout de la vie de tous les jours. Ici en France, on sait que
les Africains vivent difficilement. L’album met l’accent sur les réalités de la société, du pays d’accueil qu’est la France.
Le Pouce : L’album comprend
combien de titres ? Et quel est son nom ?
Souley Kanté : Il comporte huit titres et est dédié à la vie des Africains en France. Il est intitulé « France Sigui ka
guêlé », c’est-à-dire vivre en France n’est pas aisé.
Le Pouce : Pourquoi ce titre ?
Souley Kanté : Quant je suis arrivé, j’ai vécu beaucoup de choses qui ne sont pas bien vue dans notre société…
Le Pouce : A quand la mise sur le marché de cet album ?
Souley Kanté : C’est le producteur qui décidera du moment. Pour ce qui me concerne, j’ai
fait mon travail.
Le Pouce : Un message à l’endroit de vos fans?
Souley Kanté : Je dis mes fans du Mali que je mettrais à leur disposition un nouveau produit
qui leur plaira davantage encore.
Entretien réalisé à Paris
Par Tiémoko Traoré
JOURNEES DE DEVELOPPEMENT A LISBONNE
Le changement climatique au cœur des échanges
La deuxième édition des "Journées européennes du développement" a commencé le mercredi dernier à Lisbonne avec au premier rang de ses priorités,
l’impact du changement climatique sur les pays en développement. Environ un millier de décideurs et de parties prenantes en matière de développement, prendront part à ce forum de trois jours dans
la capitale portugaise.
Le forum de cette année veut se concentrer sur les questions du changement climatique et sur la
manière de répondre aux besoins des pays déjà vulnérables, les plus durement touchés par les effets du changement climatique. L’objectif est d’encourager des mesures d’adaptation, de réduire les
émissions résultant de la déforestation, de tirer parti du marché mondial du carbone et d’aider les pays en développement à mieux se préparer aux catastrophes naturelles.
Hier jeudi, les orateurs et les
participants ont étudié le lien entre le changement climatique, la pauvreté et la migration et examineront comment les pays en développement peuvent s’adapter au mieux. Le Président de la
Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré: «Le changement climatique est le plus grand défi posé à notre génération. Les pays développés
portent une responsabilité particulière et doivent montrer l'exemple en réduisant les émissions et en encourageant l'adoption d'un accord global et inclusif sur les actions futures de lutte
contre le changement climatique, dans le cadre des Nations Unies. La semaine dernière, nous avons lancé à Lisbonne le partenariat international d'action sur le carbone, une initiative de
pionniers du monde entier visant à développer un marché mondial du carbone. L’accent mis par cette deuxième édition des Journées européennes du développement sur le changement climatique souligne
ce sens de la responsabilité mondiale pour lutter contre ce problème. Nous sommes déterminés à aider les pays en développement à faire face aux effets du changement climatique sur l’environnement
ainsi que sur le développement humain et social.»
Le Commissaire européen chargé de la
coopération au développement et de l’aide humanitaire, Louis Michel, était présent tout au long de ces trois jours à Lisbonne. Le Commissaire Michel a déclaré: «Personne ne fait plus pour les pays en développement que l’Europe. Nous sommes en train de renforcer l’aide au développement, nous la rendons plus efficace en
coopération avec les États membres et nous nous efforçons d’assurer une plus grande cohérence des autres politiques de l’Union, comme celles en matière de commerce et d’environnement, avec les
objectifs de développement. Tous ces efforts pourraient s’avérer vains si nous n’agissons pas sur le changement climatique. C’est le plus grand défi que nous devons relever en collaboration avec
nos partenaires des pays en développement.»
La Commission européenne, faut-il le rappeler, a proposé en septembre, une
alliance mondiale spécifique pour la lutte contre le changement climatique
Les Journées européennes
du développement 2007 ont lieu dans la perspective du sommet UE-Afrique des 8 et 9 décembre et de la Conférence des Nations unies sur le changement
climatique qui se tiendra à Bali à partir du 14 décembre.
Adama Diarra
IIe phase du Programme de Développement
Socio-Sanitaire
Des journalistes à l’école de la santé et du
social.
Un atelier sur le rôle et la place de la communication dans la diffusion du Programme de Développement Socio-Sanitaire dans sa phase II (PRODESS II) a démarré le 05
novembre dernier au mémorial Modibo Keïta. Prennent part à cet atelier, environ une cinquantaine de journalistes de la presse nationale et privée (écrite, comme parlée). La cérémonie d’ouverture
était co-présidée par les ministres de la communication et celui de la santé.
L’objet du séminaire est de faire connaître les grandes orientations du Programme de Développement Socio-Sanitaire dans sa phase II, couvrant la période
2004-2009, mais aussi exposer ses procédures de mise en œuvre, afin d’atteindre une large diffusion par la presse.
Le Ministre de la santé, Oumar Ibrahima Touré,
dans son discours d’ouverture a précisé qu’après la mise en œuvre du PRODESS, la situation sanitaire du Mali à l’instar des autres pays de la sous région se caractérise par la persistance d’une
morbidité et d’une mortalité encore élevées. Les déterminants de cette situation sanitaire des populations ont pour noms entre autres, l’état de pauvreté, les maladies infectieuses et
parasitaires, les carences nutritionnelles, l’insuffisance d’hygiène et d’éducation sanitaire, la faiblesse du plateau technique de référence et l’insuffisance de ressources humaines qualifiées.
Cette situation interpelle et doit mobiliser tous.
Selon, Le ministre de 2001 à 2006, la couverture vaccinale par type de vaccins des enfants
de 12 à 23 mois est passée de 29% à 48% et, l’assistance à l’accouchement par du personnel formé de 40% à 49% . Si en 2005, 50% des populations qui vivaient à un rayon de 5km autour d’un CSCOM
fonctionnel, cette proportion est de 51% en 2006.
Dans le PRODESS, une attention particulière
est portée à l’allocation et à la gestion des ressources humaines et financières des secteurs de la santé et du développement social. Le PRODESS (Plan décennal de Développement sanitaire et
Social) et du PRODESS a été présenté aux journalistes tout au long du séminaire de formation. Egalement, les thèmes relatifs au guide de planification, aux outils d’élaboration et de mise en
œuvre du programme au financement, et les procédures de la gestion financière, le système d’information et les procédures de suivi évaluation ont été
abordés.
Une fois formés, les hommes de presse
informeront largement à leur tour les populations, sur les attentes du PRODESS II qui est une tranche quinquennale du Plan Décennal de Développement Socio-Sanitaire (PDDESS).
Hamidou Togo (stagiaire)
IIe session ordinaire du Haut Conseil des Collectivités
Réaliser la plénitude du développement local
La 2ème session ordinaire du haut conseil des
collectivités, au titre de l’année 2007, s’est ouverte le lundi dernier au Centre International de Conférence de Bamako en présence du Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du
gouvernement, des chefs des missions diplomatiques, consulaires, des organisations internationales, des députés les représentants et plusieurs
autorités et invités de marque.
Dans son mot de bienvenue, M. Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, le président du Haut Conseil des Collectivités (HCC) territoriales dira que les dossiers
transmis par le gouvernement pour avis pourront, si besoin est, faire l’objet de propositions dans les différents domaines.
Le président Haïdara n’a pas manqué de signaler les événements intervenus, durant la période d’intercession, notamment la disparition du ministre de
l’éducation nationale, feu professeur Mamadou Lamine Traoré, les élections générales et surtout la reprise des hostilités par Bahanga et alliés. Selon M. Oumarou Ag Haïdara, le HCC gardera un
souvenir vivace pour l’intérêt et l’accompagnement massifs que les différents gouvernements ont apportés à son institution pour la réussite de la décentralisation. Les dossiers transmis par le
gouvernement, les conforte dans leur conviction que la mise en œuvre de la décentralisation, reste au centre des préoccupations de l’Etat, a-t-il indiqué.
Le président du Haut Conseil des Collectivités
reconnaît que, dans la mise en œuvre de notre politique de décentralisation, certes nous notons des acquis significatifs, mais il existe des prétinements dus à des lenteurs administratives, dans
le transfert des compétences qui constituent de véritables écueils auxquels nous devons promptement faire face, afin de permettre aux collectivités territoriales de réaliser la plénitude de leurs
ambitions de développement local et régional.
Pour M. Haïdara, les concertations régionales qui viennent de prendre fin le 23 octobre 2007, ont constitué un véritable espace du donner et du recevoir sur
les préoccupations des collectivités, en vue de mieux les conseiller, les orienter les outiller pour un meilleur développement à la base. Il ajoute aussi qu’un projet du plan stratégique 2007-
2012 sera soumis aux conseillers nationaux pour étude et avis. Le président du HCC fonde beaucoup d’espoir sur la création du centre de formation des élus et des cadres des collectivités qui doit
être opérationnel bientôt. Il a demandé aux conseillers un travail bien fait, puis les a exhorté à la régularité et à l’assiduité au cours de cette session.
Rappelons que cette session durera un mois.
Hamidou Togo (stagiaire)
COUPE DE L’UEMOA
Les Aigles sortent par la petite porte
Dans le cadre de l’intégration africaine et de
la coopération entre les pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, la commission sportive de l’UEMOA a organisé un tournoi dénommé coupe de l’intégration, qui s’est déroulé
à Ouagadougou (Burkina Faso) du 28 octobre au 4 novembre derniers. Ledit tournoi s’est déroulé entre les équipes nationales locales, c'est-à-dire, les joueurs évoluant dans l’espace UEMOA. Huit
pays ont participé à ce tournoi avec deux poules et une finale directe entre les deux premiers de chaque poule. Ainsi, les Eléphants de la Côte d’Ivoire ont battu en finale le Mena du Niger sur
le score de 2 buts à 0. Du coup, les Eléphants de la Côte d’Ivoire se sont taillés la part du lion en remportant le premier trophée de l’UEMOA, avec
d’autres récompenses.
En ce qui concerne la participation des Aigles
du Mali, ils ont évolué dans la poule B composée de la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, et le Bénin. L’équipe malienne avait bien débuté cette compétition, surtout en battant respectivement, le
Bénin et la Guinée Bissau avec un score sans appel de 3 buts à 0 et 4 buts à 0. Après ses deux matchs, elle était considérée par les observateurs sportifs comme l’une des meilleures équipes de ce
tournoi. Ceci, parce que les Aigles du Mali jouaient bien et marquaient des buts, sans en encaisser. Mais, Cheick Koné et ses hommes ont péché devant les Eléphants de Côte d’Ivoire, décidément la
bête noire de toutes les équipes maliennes. Alors qu’avant ce match, le Mali était le premier de la poule B avec 6 points +7 suivi de la Côte d’Ivoire avec également 6 points mais +6.
Donc les Aigles du Mali étaient supposés être qualifiés au moins avec un match nul. Une
fois de plus, l’équipe malienne a encore échoué devant la Côte d’Ivoire et sort dans ce tournoi par la petite porte.
On peut expliquer cette sortie prématurée des Aigles par le manque d’expériences du «keeper» Soumaïla Diakité et
de son entraîneur ; et la mentalité de complexés des joueurs maliens dans des grandes rencontres (surtout face aux Ivoiriens). D’abord Cheick Oumar Koné, entraîneur de cette équipe malienne
avait cette rencontre entre ses mains, car à chaque fois que ses joueurs accéléraient, ils mettaient en danger les Ivoiriens. Mais il a demandé à ses joueurs de poser le jeu... C’est ainsi qu’à
force de reculer, son capitaine et gardien de but va commettre une grosse erreur en prenant un carton rouge bête ; ce qui obligea son équipe à terminer la rencontre à 10, un grand handicap
pour cette équipe.
La seconde explication qu’on peut donner à
cette élimination est que, généralement les joueurs maliens ont une faible mentalité basée sur un manque de confiance en soi, devant des situations pareilles. C’est ce qui est arrivé à Soumaïla
Diakité qui est pourtant un très bon gardien.
Ce tournoi serait une leçon et une préparation pour cette équipe qui doit représenter le Mali au tournoi Cabral qui va se dérouler au Guinée Bissau en fin décembre.
Siriman Doumbia (stagiaire)
TOURNOI DE FOOTBALL DE L’ASB
Dénicher les jeunes talents du Mali
Le terrain flambant neuf de l’Association
sportive de Bamako (ASB), situé à Garantibougou, a servi de cadre le dimanche dernier à l’ouverture d’un tournoi organisé par le comité de gestion de l’ASB. La cérémonie d’ouverture était
présidée par Tidiane Niambélé, le premier vice-président du Comité National Olympique du Mali, et ancien président de la FEMAFOOT. C’était en présence du bouillant président de l’ASB, Hamala
Nimaga, de Pathé Diallo, l’entraîneur adjoint de l’équipe nationale du Mali et de nombreux spectateurs venus découvrir les jeunes joueurs. Ce tournoi va mettre en compétition 13 équipes de jeunes
du district de Bamako qui ont moins de17 ans.
Après la présentation des différentes équipes,
le match d’ouverture a mis aux prises l’équipe de l’ASB 1 face au FC Daou, deux équipes de jeunes mais bourrées de talents. Les deux équipes ont joué 80mn (2 fois 40mn) dans un match très
technique, avec des gestes spectaculaires. C’est ainsi que le FC Daou s’est imposé dans cette première rencontre sur le score de 3 buts à 1.
Après le match d’ouverture, le président Hamala, livrant ses impressions, a fait savoir que l’objectif de ce tournoi est de détecter les jeunes talents pour les encadrer afin que le Mali puisse
avoir de très bons joueurs dans l’avenir. Ce qui été l’objectif de l’ASB depuis sa création.
Quant à M. Niambélé, il a surtout félicité la très bonne initiative de l’ASB, et il a lancé un appel aux autres clubs pour qu’ils puissent s’inspirer de ce bel exemple donné par l’ASB.
Le tournoi continuera sur le complexe sportif de l’ASB, l’un des meilleurs complexes sportifs du Mali.
Siriman Doumbia (stagiaire)