C M D T
Impunité, quand tu nous tiens !
En réaction à notre article intitulé « Trafic de graine de coton à la CMDT : Le PDG et sa belle sœur fortement impliqués » paru dans notre
livraison du 31 décembre 2007, la direction générale de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles a rédigé un communiqué laconique signé du secrétaire général et déposé auprès de
certains organes. Nous persistons et signons que le premier responsable de la CMDT est bel et bien la plaque tournante du trafic de graines de coton.
Le communiqué rédigé par ce thuriféraire de secrétaire général, pour abuser de la confiance des cadres intègres, n’apporte aucun démenti à notre affirmation,
selon laquelle le PDG et sa belle-sœur sont fortement impliqués dans le trafic de graines de coton de la CMDT. Nous-nous attendions à ce qu’ils apportent la preuve de leur honnêteté. Au lieu de
prouver que le PDG et sa belle-sœur ne sont point mêlés au trafic, le communiqué parle de campagne de désinformation. L’auteur du communiqué ignore certainement la définition du mot. Nous n’avons
pas diffusé de fausses informations, donnant une image déformée ou mensongère de la réalité. Lorsque l’information est diffusée avec des preuves irréfutables de sa véracité, on ne peut parler de
désinformation.
Quand la direction générale de la CMDT prétend dans ce communiqué qu’en tout respect de la procédure de gestion, la vente de la graine est effectuée
exclusivement aux huileries nationales titulaires d’un agrément, comment explique-t-elle alors que : 250 tonnes de graines coton aient
été vendues à Mme Guindo Mariam Maïga qui n’a ni agrément ni huilerie ; 200 tonnes aient été vendues à Monsieur Mor Niang, l’ami sénégalais du PDG, quantités livrées à
l’intéressé suivant bordereaux de livraison CMDT n°030291, 030292 et 030293 respectivement
du 18, 19 et 21 janvier 2007 et exportées à bord des camions immatriculées L6215 MD, L 7483 MD
et H 3083 MD le PDG ait instruit à la direction commerciale d’ajouter sur la liste des huileries retenues et figurant sur le planning de livraison de graine, le nom de l’huilerie Yaya
Koné, alors que initialement elle n’y figurait pas.
Même si Yaya Koné disposait d’un agrément, tout le monde savait qu’à cette époque son huilerie n’était pas installée et fonctionnelle. Pourquoi a-t-on donné
cette instruction ? Tout simplement pour pouvoir camoufler les activités mafieuses du réseau de trafic mis en place par des responsables véreux, ces sangsues de la nation malienne. Ayant
estimé qu’il était imprudent de vendre directement la graine a la belle sœur du PDG dont le nom apparaîtrait forcément sur les documents de gestion de la CMDT, l’équipe mafieuse qui dirige la CMDT a trouvé qu’il était plus asti cieux pour elle de se servir de l’agrément de Yaya Koné.
Tous les bons délivrés et toutes les quantités de graines de coton enlevées au nom de Yaya Koné, l’ont été en réalité au profit de la belle sœur du PDG.
C’est dans ce contexte et au niveau de la région CMDT de Bougouni que deux bons ont été livrés au nom de Yaya Koné.
* bon n° 80 2007 délivré par la direction commerciale de la CMDT pour 1500 tonnes.
* bon n° 032385 délivré par le directeur régional de Bougouni pour 200 tonnes.
Il reste à vérifier si toutes ces magouilles faites autour de l’agrément de Yaya Koné l’ont été de connivence avec l’intéressé ou à son insu ?
Il n’y a pas que Yaya Koné qui puisse répondre à cette question et qui, dès l’éclatement de l’affaire Boubacar Diaw se serait fort indigné et aurait menacé
de parler.
Pour payer son silence, il y a de cela quelques jours, la direction commerciale lui a délivré un bon de 1000 tonnes.
Ce qui s’est passé à Bougouni à propos du trafic de graines de coton n’est que la partie visible de l’iceberg. Des choses infiniment plus graves se seraient
déroulées notamment à Sikasso pour ce qui est du trafic de graines.
Pendant que l’on continue à se sucrer à la CMDT au su et au vu de tout le monde, Diaw, injustement emprisonné pendant onze jours, fait actuellement
l’objet d’une décision de suspension de fonction et de salaire. Au même moment, les planificateurs, les acteurs et bénéficiaires du trafic de graine, tous peinards, vaquent calmement à leurs
activités. Pourtant la lutte contre la délinquance financière et la corruption occupent une place de choix dans le PDES du Chef de l’Etat à travers la déclaration de politique générale adressée au Premier ministre Modibo Sidibé. C’est aussi une demande forte des populations. Ah impunité quand tu nous tiens !
Lire d’autres infos de ce dossier dans notre parution du vendredi.
Amadou DIAKITE
SECURITE ROUTIERE
L’Etat doit à présent sévir !
L’accident de la route n’est pas une fatalité : la prévention routière demande une solide volonté politique et des efforts concertés et durables de tout un ensemble de secteurs. En agissant ainsi et dès à présent, on épargnera bien de vies humaines.
Chaque jour, des milliers de personnes sont tuées et blessées sur nos routes. Des hommes, des femmes et des enfants qui se rendent à l’école ou à leur travail à pied, à bicyclette ou transportés par un animal, qui jouent dans la rue ou qui s’embarquent pour un long voyage, ne rentreront jamais chez eux, laissant derrière eux des familles et des communautés effondrées. Des millions de personnes, chaque année, passeront de longues semaines d’indisponibilité à l’hôpital après un accident grave et beaucoup d’entre elles ne pourront plus jamais vivre, travailler ou jouer comme elles le faisaient auparavant. Les efforts actuels en faveur de la sécurité routière sont minimes au regard de ces souffrances humaines croissantes.
Sécurité routière, un problème de santé publique
La sécurité routière est aujourd’hui l’une des préoccupations majeures des populations et des plus hautes autorités du Mali. L’urgence de la résolution de
cette question n’est plus à démontrer à un moment où les accidents de la circulation ne font que se multiplier sur nos artères principales avec des
bilans lourds de blessés graves, voire de morts. Toutes les sensibilités de la population et les autorités politiques et administratives ont tiré la sonnette d’alarme.
Pour tout le monde, la responsabilité des pouvoirs publics est engagée, eux qui ont l’obligation d’assurer la sécurité et la quiétude des populations. Mais, ne font-ils pas des efforts dans ce
sens ?
Personne ne doute aujourd’hui du fait que les autorités sont préoccupées par le phénomène qui devient aujourd’hui une calamité sociale. En témoignent la multiplication des actions intenses de sensibilisation des usagers des routes, la détermination des agents de la compagnie de circulation routière, les textes élaborés aux fins du renforcement de la sécurité routière mais aussi, l’institution d’une semaine de sécurité routière chaque année. Celle de cette année vient de prendre fin. Elle a été riche en déclarations, conseils et directives.
L’institutions de la semaine de sécurité routière est en soi une bonne chose car, elle offre l’opportunité aux plus hautes autorités du pays, notamment au président de la République, mais aussi à l’autorité de tutelle, d’entrer plus étroitement en contact avec les populations afin de faire passer des messages entrant dans le cadre de la sensibilisation pour plus de sécurité dans la circulation routière. Cependant, malgré tous ces efforts et initiatives, l’insécurité de la circulation routière est grandissante. Alors on se demande s’il n’y a pas lieu de voir du côté des comportements et des mentalités tant des usagers que de ceux-là même qui ont en charge la régulation de la circulation routière ?
Pour plus de rigueur
Nous sommes aujourd’hui incontestablement à ce stade, puisque l’incivisme, renforcé par la méconnaissance du code de la route sont pour beaucoup dans l’amplification des drames liés à l’insécurité de la circulation routière. Dans ce cas, il est nécessaire aujourd’hui de faire en sorte que les autorités aillent au-delà de l’organisation d’une semaine de sécurité routière, il s’agit, en effet, de faire en sorte que la lutte contre l’insécurité de la circulation routière soit un exercice permanent, quotidien. Dans ce cas, un accent particulier doit être mis sur les efforts de changement de comportement au niveau des agents CCR dont la préoccupation majeure doit être l’application rigoureuse des dispositions règlementaires en vigueur dans le pays et non la perception des 1000Francs. C’est sans doute à partir de là que le changement de comportement, tant souhaité, s’imposera.
En effet, l’arbre ne doit pas cacher la forêt ; le laxisme des agents CCR est de nature à encourager l’incivisme dans la circulation routière, cause du plus grand nombre d’accident de la circulation routière. D’ailleurs, lors de la semaine de sécurité routière et du message du nouvel an, le président de la République a mis l’accent sur le fait que la plupart des accidents de la circulation routière sont évitables.
Après les déclarations politique et les conseils qui ont alterné avec les efforts de sensibilisation, place maintenant à la rigueur dans la régulation de la circulation routière pour préserver des vies humaines, quand on sait que la personne humaine est sacrée et inviolable.
Les traumatismes dus aux accidents de la circulation, constituent un problème de santé publique croissant et touchent proportionnellement davantage les groupes d’usagers de la route vulnérables et notamment les pauvres. Plus de la moitié des personnes tuées dans des accidents de la circulation sont de jeunes adultes âgés de 15 à 44 ans qui assurent souvent le revenu de leur famille.
En outre, les accidents de la circulation coûtent aux pays à revenu faible ou intermédiaire entre 1% et 2% de leur produit national brut – soit plus que le
total de ce qu’ils perçoivent au titre de l’aide au développement.
Mais les accidents de la circulation et les traumatismes qu’ils occasionnent sont évitables. Dans les pays à revenu élevé, tout un ensemble bien établi d’interventions a contribué à réduire notablement l’incidence et les conséquences de ces accidents. Ce sont notamment l’application de lois visant à limiter la vitesse et la consommation d’alcool et à rendre obligatoire le port de la ceinture de sécurité ou du casque, et l’amélioration de la conception et de l’utilisation des routes et des véhicules pour les rendre plus sûrs.
La prévention des accidents de la route doit s’intégrer dans un plus vaste ensemble d’activité comprenant le développement et la gestion des infrastructures routières, la mise au point de véhicules plus sûrs, une meilleure application de la loi, une planification des transports, la création de services de santé, de services hospitaliers et de services de protection de l’enfance, et la planification urbaine et l’aménagement du territoire.
Le secteur de la santé est un partenaire important dans ce processus. Son rôle est de renforcer les bases de données factuelles, d’assurer une prise en charge appropriée des blessés avant leur arrivée à l’hôpital et pendant leur hospitalisation et leur réadaptation, de mener une action de sensibilisation, et de contribuer à la mise en œuvre et à l’évaluation des interventions.
Chaque année, selon les statistiques connues, 1,2 million de personnes dans le monde trouve la mort sur la route. Des millions d’autres sont atteintes, parfois pour la vie, dans leur chair. Cette hécatombe et cette somme de souffrances qui frappent tout particulièrement les jeunes, n’épargnent aucun pays. Un patrimoine humain considérable se trouve ainsi anéanti, emportant aussi avec lui de très lourdes conséquences sociales et économiques. C’est dire combien la sécurité routière constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, à l’échelle mondiale.
Tiémoko TRAORE
VOLONTAIRES DE L’APEJ
Quel sort pour ces 2000 jeunes ?
A six mois de l’expiration de la durée de leurs stages de qualification, les jeunes volontaires de l’APEJ (Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes)
exigent leur insertion dans la Fonction Publique. Le gouvernement ne l’entend pas, lui de cette oreille !
Du coup, un bras de fer semble désormais engagé entre les protagonistes.
En juin 2005, l’APEJ a initié un programme offrant des stages de qualification à deux mille jeunes diplômés dans les différentes structures des secteurs
public et privé du pays. Après plusieurs renouvellements de la durée de ces stages, les deux mille jeunes exigent à présent leur insertion pure et simple dans la Fonction Publique. Au regard des
textes en la matière, le recrutement se fait par voie de concours. Le gouvernement violera-t-il ces textes ? Rien n’est moins sûr. Le sort de ces deux mille jeunes diplômés demeure une
préoccupation. Leur insertion dans la fonction publique soulève des difficultés ; d’autres cohortes de diplômés devant suivre. Aussi, abandonner ces jeunes à leur triste sort consisterait à
briser de nombreux espoirs. La thérapie s’avère délicate.
Initier des stages de qualification ne débouchant pas sur l’emploi a un goût d’inachevé. Aussi, l’acharnement de ces jeunes à vouloir être incorporés
dans la Fonction Publique risquerait de compromettre la mise en œuvre d’autres programmes similaires. Il s’agit là d’une pilule plus qu’amère pour les deux parties. Attendons pour voir…
Oumar KANOUTE
LE SAVIEZ-VOUS ?
L’amnistie
L’amnistie est une mesure législative exceptionnelle qui dépouille rétro activement de leur caractère délictueux, certains faits. Ceux-ci ne peuvent plus être considérés comme tels et sont censés n’avoir jamais été incriminés par le législateur. L’amnistie est souvent accordée pour certaines infractions déterminées. Le législateur s’attache à la nature de l’infraction en énumérant celles qu’il amnistie.
Le législateur s’attache tantôt à une qualité du délinquant, tantôt à son comportement postérieur à la loi. Les effets de l’amnistie sont presque aussi
énergiques que ceux des faits justificatifs. Tout d’abord, si les poursuites ne sont pas encore engagées au jour de la promulgation de la loi d’amnistie, elles ne pourront plus l’être car au
regard de l’action publique, le fait doit être considéré comme n’ayant jamais été commis. Si une information judiciaire est déjà en cours lorsque la loi d’amnistie paraît, la juridiction
d’instruction doit rendre une décision de non-lieu. Enfin, si la juridiction de jugement est déjà saisie, elle doit acquitter ou relaxer.
Oumar KANOUTE
DES CENTRES DE GESTIONS AGREES
Pour donner un coup de pouce aux commerçants détaillants
Le vendredi dernier 04 janvier 2008, le Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Bâ Fatoumata Nènè Sy a procédé à l’inauguration des sièges des Centres de Gestions Agrées du District de Bamako, sis à Hamdallaye ACI 2000.La cérémonie d’inauguration a enregistré la présence du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Jeamille Bittar, du président des commerçants détaillants, Hama Aba Cissé, du maire Issa Guindo, des députés de la Commune IV et d’autres personnalités.
En effet, ces Centres de Gestions Agréés ont vu le jour grâce au projet d’Appui aux Commerçants Détaillants, qui a coûté approximativement 3.950.412.000 CFA avec une prévision de 75, 78% comme apport des partenaires techniques et financiers de l’extérieur qui n’ont pas répondu favorablement aux attentes. Par le biais de ces Centres de gestions agrées, les commerçants détaillants seront formés en vue de moderniser le secteur privé, appuyer le financement des activités en rapport avec les banques et les institutions des micros finances et créer un partenariat fécond entre les centres, l’administration et les collectivités locales….etc.
Ainsi, cette journée inaugurale des Centres de Gestions Agréées a été mise à profit pour le lancement de la formation de 80 commerçants détaillants en hygiène alimentaire, l’étiquetage, la remise d’un chèque symbolique BDM-SA (50 millions ) au président du CGA de la Commune II dans le cadre du financement de 43 commerçants de cette commune ; la remise des lettres de félicitation et l’annonce de refinancement à 30 bénéficiaires de prêts qui ont remboursé avant terme les sommes qui leur ont été prêtés par les banques.
Selon Mme la ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie le projet est une initiative et un engagement du Président de la République, qui s’inscrit dans le cadre de la modernisation du commerce de détail et la lutte contre la pauvreté. « Le document du projet a été adopté en conseil des ministres en sa session du 03 novembre 2004. Son lancement a été effectué par le Président de la République, Son Excellence Amamdou Toumani Touré, le 11 juillet 2005 à l’ex-palais de congrès de Bamako, en présence des autorités de la République et devant plus de 5 mille commerçants détaillants » a-t-elle précisé.
Dans sa déclaration, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Mali, Jeamille Bittar dira que : « le Secteur privé félicite et remercier très sincèrement celui par qui le salut du commerce en général et du secteur du détail en particulier arriva, j’ai nommé le Président de la République SEM Amadou Toumani Touré. La Chambre du Commerce et d’Industrie du Mali sera toujours à ses côtés et au côtés du Gouvernement pour la mise en œuvre du programme de Développement Economique et Social (PDES) qui réserve une place de choix à la promotion du secteur privé malien en vue de l’accompagnement des entreprises à la création des valeurs ajoutées et d’emplois durables. Nous demeurons convaincus que l’Etat à lui seul ne peut pas tout faire, toutefois son rôle d’accompagnement dans la recherche de financement du secteur privé, reste une nécessité des temps. » Puis, il a lancé un vibrant appel aux opérateurs économiques industriels et grossistes pour qu’ils tirent le maximum de profit des mécanismes modernes et efficaces de partenariats qu’offre le projet d’appui aux commerçant détaillants du Mali conformément aux attentes des autorités en vue de la maîtrise des prix à la consommation. La visite des locaux a mis fin à la cérémonie.
Adama Diarra
ÉTATS-UNIS D’AFRIQUE
Rêve ou réalité ?
L’Afrique, un continent de 53 Etats, peut à l’instar de ce qui se passe sur d’autres continents, s’unir. Kwame NKrumah, de son vivant, alors perché aux destinées du Ghana, a tenu mordicus à ce que les Africains dépassent le clivage d’égoïsme et de nationalité, qu’ils oublient leur différence et qu’ils se trouvent dans un vaste ensemble que l’on appellerait « Etats-Unis d’Afrique ».
L’idée est jolie et prometteuse. A l’instar des Etats-Unis d’Amérique, pourquoi ne pourrions-nous pas être ensemble ? Ne sont-ils pas les cinq doigts dans leur différence de taille qui forment la main ? C’est la conjugaison de nos efforts qui fera développer notre continent. Si nous sommes imbus d’amour de notre continent, nous pouvons, dans cette unité, le défendre en toute fierté devant l’Europe, l’Asie, l’Océanie et l’Amérique. Ne dit-on pas souvent que l’union fait la force ? Dans l’unité, nous ferons face aux fléaux qui ravagent notre continent. Nous combattrons l’avancée du désert par le reboisement, la faim dans les pays du Sahel par la construction des forages, des puits et des retenues d’eau, afin de permettre de faire des cultures de contre-saison pour qu’il y ait de la nourriture en permanence. Nous combattrons le sida et d’autres maladies par la sensibilisation et par la construction des centres de santé communautaire (CSCOM) à travers nos villes et villages, et tout cela en faisant appel à l’aide des pays amis. Le développement de notre continent c’est à nous de le faire.
Le rêve de Kwame NKrumah est noble mais sommes-nous prêts à nous unir ? Beaucoup d’actes qui se font,
à travers le continent, montrent que l’unité tant souhaitée n’est que vain mot. Cette unité devient comme l’horizon qui, plus on se rapproche, plus il s’éloigne.
Sinon comment comprendre qu’au moment où on cherche un gouvernement africain unique, les pays du Nord de l’Afrique ne veulent pas sentir ceux du Sud du Sahara à cause de la pigmentation de la
peau. Et s’il y a des relations, ce sont des rapports de façade. Quand on est du Sud du Sahara et qu’on se retrouve dans les pays du nord de l’Afrique, on est appelé africain, les autochtones
s’appelant arabes ou maghrébins. Comment peut-on parler d’unité au moment où les frontières de nos pays sont fermées et strictement surveillées contre nous-mêmes ? Comment peut-on parler
d’unité au moment où les expulsions sont érigées en règle d’or dans certains pays africains ? Comment peut-on parler d’unité au moment où il n’y a pas d’amour entre nous ? Et pourtant
l’amour est le vœu de nos religions.
Comment peut-on s’unir dans la division imposée par les forces extérieures qui craignent notre unité ? Le sommet euro-africain tenu du 8 au 9 décembre 2007 au Portugal où les Africains sont allés dans l’ordre dispersé sur les Accords de Partenariat Economiques (A.P.E) illustre cela.
Si nous sommes de bons et vrais croyants, nous devrons nous aimer. Nous pensons qu’à partir de cet amour nous pouvons bâtir le nouvel Etat. Tant que chacun reste dans les limites de son territoire, tant que le Congolais se considère comme congolais seulement, le malien comme malien seulement, le marocain comme arabe et non africain, tant que les uns repoussent les autres, vous conviendrez avec nous, frustration oblige, que l’idée des Etats-Unis d’Afrique demeurera toujours comme un rêve et ne deviendra jamais une réalité.
Notre souhait est que chacun de nous se sente chez lui où qu’il soit sur cette terre africaine. Nous voulons que le barrage d’Inga, le cuivre, le poltron, le cobalt et le diamant de la RDC ne soient pas pour la RDC seulement mais pour les Etats-Unis d’Afrique. De même le coton du Mali, du Burkina Faso, du Tchad ne doit pas être une propriété exclusive de ces pays-là mais une propriété des Etats-Unis d’Afrique. Toutes ces richesses-là doivent désormais être une propriété de l’ensemble qui est « Etats-Unis d’Afrique ». Il en est de même pour le pétrole du Nigeria, de l’Angola, de la Libye, du Gabon, sans oublier l’or de l’Afrique du Sud, le phosphate de la Guinée et d’autres minerais encore. A cela, il faudrait ajouter les diverses cultures que notre continent génère.
Le jour où nous allons avoir une monnaie et une banque centrale communes, une politique agricole commune, une politique minière commune, une politique de communication commune ; le jour où nous allons cesser de faire le régionalisme et casser nos barrières douanières pour instaurer la libre circulation des biens et des personnes ; le jour où les populations de ce continent se sentiront comme les enfants d’un même pays ; le jour où nous nous dirons « Patriotes africains », c’est ce jour où naîtront les Etats-Unis d’Afrique. Ainsi le rêve deviendra une réalité.
Pour y parvenir, il faut surtout se passer des égoïsmes nationaux et considérer tout africain comme un compatriote appelé à partager les mêmes joies et les mêmes souffrances. Tout africain où qu’il soit sur ce sol de nos ancêtres doit se donner au travail et se considérer comme un soldat en guerre contre la pauvreté et les maladies. C’est de cette façon que nous allons développer notre pays « l’Afrique ».
Pour y arriver nos Etats doivent introduire dans nos programmes d’enseignement de civisme ou d’éducation civique et morale (ECM) un volet sur
le « Panafricanisme » depuis l’école fondamentale jusqu’au lycée. Une mission de sensibilisation à travers les médias et les pièces théâtrales dans les écoles doit être
faite dans chaque Etat. C’est ainsi que nous allons cultiver l’amour entre nous et nous sentir unis.
Kalemba Mwamba
Professeur au Lycée Moderne Elite
Lafiabougou, Cel : 305-86-16
MUSIQUE
Habib Koité, un parcours atypique
Chanteur, compositeur et guitariste, Habib Koité a su se forger un style musical inspiré des différentes traditions maliennes qu'il a lui-même baptisé le
« danssa-doso ».
Né en 1958 à Thiès, au Sénégal, Habib s’installe au Mali avec ses parents à l'âge de 1 an. Issu d'une famille de musiciens, des griots Khassonké, il apprend la musique depuis sa tendre enfance. Son oncle lui donne un coup de pouce à poursuivre des études dans ce domaine. Il entre en 1978 à l'Institut National des Arts de Bamako (INA). Nommé après quelques mois à la tête de l'orchestre de son école, il devient à la fin de ses études professeur de guitare dans le même institut où il a été étudiant. Jouant au fil des ans avec divers musiciens, il fonde en 1988 le groupe «Bamada». Trois ans plus tard, l'artiste est invité à chanter au « Festival Voxpole » de Perpignan, en France, où il obtiendra le premier prix. Grâce à la bourse offerte, il enregistre deux chansons qui connaîtront du succès en Afrique de l'Ouest et pour lesquelles il se verra décerner le prix « découverte Media-Adami ».
En 1995, Habib Koité enregistre un premier disque Muso Ko qui se placera rapidement au sommet du classement européen des musiques du monde. Depuis, l'artiste se consacre au développement de sa carrière internationale, incluant à partir de 1999 des tournées en Amérique.
"Afriki" c’est le titre de son dernier album en date. Il a été dédicacé le samedi 22 décembre à l’Hôtel Salam . Il aura attendu six ans avant de reprendre le chemin du studio. Enregistrées à cheval entre le Mali, la Belgique et les Etats-Unis, au gré de ses déplacements et de ses disponibilités, les onze nouvelles chansons ont souvent été composées dans les chambres d'hôtel où Habib a pris l'habitude de travailler. Toujours accompagné par sa formation Bamada, il a invité également l'Ivoirienne Dobet Gnahoré et le saxophoniste américain Pee Wee Ellis qui signe les arrangements de la section de cuivres.
Adama Diarra
PARLEMENT DES ENFANTS DU MALI
Fatoumata Sankaré se succède à elle-même
La grande salle de conférence du Centre Internationale de Conférence de Bamako a servi de cadre le samedi 5 janvier dernier pour abriter la 10è session qui avait pour thème principal « les violences faites aux enfants ». C’ était sous la présidence de SEM Amadou Toumani Touré, président de la République.
Dans son discours bilan du bureau sortant, la présidente du parlement dira que son bureau a accompli avec satisfaction les missions assignées notamment l’organisation des sessions, des conférences débats, la formation de ses membres sur les droits relatifs aux enfants, la participation aux différents forum et sommets internationaux. Pour elle le bilan réalisé a été à hauteur du souhait.
Pour Marcel Rudasingwa, représentant résident de l’UNICEF au Mali, le thème de la présente session est d’une importance capitale. « Il vient
nous rappeler l’importance d’un environnement protecteur pour l’enfant, futur adulte. », a déclaré M. Rudasingwa.
L’urbanisation et la paupérisation ont détourné l’éducation coutumière en un phénomène d’exploitation économique des enfants. Les informer, écouter leur point de vue et supporter leur
participation dans les décisions qui les concernent et la recherche de solution sur les problèmes qui les affectent est en soi une manière de les préparer à mieux se protéger ; a poursuivi
le représentant de l’UNICEF, avant de conclure qu’il se réjouit de la pertinence des conclusions des différents groupes parlementaires et surtout du renforcement du dialogue intergénérationnel,
gage d’une vision partagée des préoccupations des enfants.
Le président ATT a rappelé son soutien au bureau rentrant. Il leur a rappelé aussi combien il est important de préserver l’unité, la cohésion nationale,
l’intégrité du territoire national avant de poursuivre qu’il accepte beaucoup de choses à cause de ses amis (les enfants) en faisant allusion à la crise du Nord. Il a demandé à ses amis d’être
assidu à l’école. Le chef de l’Etat a par ailleurs attiré l’attention des enfants sur l’insécurité routière ; par la même occasion, il les a exhorté à être prudent. Respecter les anciens est
également l’une des valeurs cardinales de notre peuple ; a précisé ATT.
Le bureau que Mlle Sankaré dirige est composé de 49 membres élus pour 2 années scolaires. Et, quatre groupes parlementaires : groupe parlementaire suivie de l’enfant, du développement, de la protection et celui de la participation. Les présidentes de chaque groupe parlementaire ont plaidé chacune en ce qui les concerne pour plus d’engagement des pouvoirs publics, des partenaires techniques financiers pour leur cause.
Les recommandations de la 10ème session du parlement ont été les suivantes : améliorer la qualité de l’éducation, appliquer les articles et les autres textes juridiques ayant trait aux droits de l’enfant, multiplier les centres d’accueil pour enfant, formaliser les écoles coraniques, etc.
Hamidou TOGO (stagiaire)
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