Mardi 25 mars 2008

UNION POUR LE DEVELOPPEMENT DE SIKASSO
Des nomades politiques tentent de déstabiliser l'URD

Petit à petit les langues se délient dans la capitale du Kénédougou. Les partis sont sur leur garde. Younoussi Touré et Oumar Ibrahim Touré, le bureau politique du parti de la poignée de mains sont-ils au parfum de ce qui se prépare ? Ils n'ont qu'à se rendre sur le terrain et savoir ce qui se trame par ces nomades politiques.

La situation politique est en effervescence ces temps-ci à Sikasso. Les acteurs politiques de diverses sensibilités s'attèlent dans la perspective des prochaines élections communales.
Housseyni Guindo qui avait claqué la porte du RPM à Sikasso, se montre aujourd'hui très ambitieux au plan politique. Avec d'autres acteurs politiques et des indépendants, il évolue dans le cadre d'une association politique dénommée Union pour le Développement de Sikasso (UDS). En plus de Poulo, les initiateurs de cette organisation sont Tidiane Nimaga, Oumar Yossi, Djafara Berthé et Lassana Siama. Après la création de cette association, sans tambour ni trompette, ils ont procédé à la mise en place des antennes dans plusieurs localités de la région de Sikasso et à Bamako.

Dans le groupe, on compte cinq députés dont trois indépendants : Housseyni, Marie et Saran Sinaté, (ancienne du RPM), qui sont allés à l'URD en tant qu'indépendants sur sa liste pour être élus. Quant aux deux autres députés, Moussa Berthé et Yacouba Siguidogo, ils sont de l'URD. Aujourd'hui, il y a une brouille dans leurs rangs, d'autant plus que les deux députés URD ne sont plus d'accord avec les autres, lorsqu'il s'est agi de transformer l'U.D.S en parti politique dans les jours à venir. Cette mésentente s'explique par le fait que les ténors du groupe ambitionnent de procéder au débauchage de cadres et militants de l'URD en vue et réaliser leur projet de création du parti sur la base de la transformation de l'UDS en parti. Tout compte fait, l'honorable Guindo et sa suite ont jeté leur dévolu sur l'URD. Cette situation représente une menace pour ce parti dans le Kénédougou à un moment où l'ADEMA, lui est en train de mettre les bouchées doubles pour ramener en son sein, tous les camarades qui les avaient abandonnés. Ce projet est de nature à menacer fortement la cohésion de l'URD à Sikasso.

Face à cette menace, les deux députés de l'URD sont en train de tout mettre en œuvre pour empêcher les débauchages. Peuvent-ils empêcher la saignée ? Par ailleurs, contrairement à ce que beaucoup d'observateurs de la scène croyaient, il n'existe pas de lien entre Mama Sylla et ce groupe, à moins que cela soit envisagé pour le futur. Qu'à cela ne tienne, il y a des questionnements au sujet de l'ambition que nourrit Poulo et autres.
En effet, ne sont-ils pas en train de se lancer dans une mésaventure ? Auront-ils le temps nécessaire pour structurer leur parti d'ici les prochaines consultations électorales ?
Sont-ils sûrs d'avoir suffisamment de militants pour atteindre leurs objectifs électoraux ? Ont-ils mesuré tous les contours de leur ambition ? C'est le temps qui nous en dira. L'URD se laissera-t-elle déchiqueter par les membres de l'UDS ?
Amadou Diakité


26 MARS 1991 - 26 MARS 2008
Une démocratie sur fond de laxisme
Demain, le peuple du Mali commémore la journée du 26 mars, celle qui a consacré la chute d'un régime de 23 ans de dictature. L'avènement de la démocratie a eu lieu dans la douleur. Cette journée sera marquée par le dépôt d'une gerbe de fleur par le chef de l'Etat au carré des martyrs à Niaréla où gîsent de nombreux patriotes ; des conférences débats et plusieurs manifestations à travers tout le territoire. Chaque année, le 26 mars est un jour férié afin de permettre aux uns et aux autres de méditer sur cet événement et de se souvenir de ceux-là qui ont accepté l'ultime sacrifice pour l'effectivité de la démocratie. Ces morts sont-ils morts utilement ? En tout cas, dix sept ans après cette insurrection meurtrière, on se demande encore si les attentes du peuple ont été comblées.

Le 26 mars 1991 marque un tournant décisif dans l'histoire contemporaine du Mali.
C'est à partir de cette date que le peuple malien a accédé à la démocratie pluraliste à travers un soulèvement populaire qui a permis de renverser le pouvoir dictatorial du général Moussa Traoré. Cette ouverture démocratique intervenue au prix d'énormes sacrifices humains, exige de l'ensemble du peuple malien et, en premier lieu, des autorités à travailler d'arrache-pied à relever les nombreux défis auxquels les populations sont confrontées. A cet effet, un canevas a été tracé lors de la conférence nationale. Mais dix-sept ans après, le constat est amer ; puisque les espoirs sont déçus et presque dans tous les domaines.
Aujourd'hui, il est difficile de soutenir qu'il y a plus de justice sociale, de sécurité, que les problèmes d'emploi des jeunes sont résolus et que les prix des denrées de première nécessité sont abordables.

L'école est la gangrène de notre processus démocratique. Par rapport à ce dernier aspect, la situation est inquiétante. C'est l'impasse. Au regard de tous ces constats, il ne fait aucun doute que notre démocratie est aujourd'hui à la croisée des chemins. Cela d'autant plus que les autorités continuent à privatiser les sociétés et entreprises d'Etat sous la pression des partenaires au développement. Consécutivement à ces privatisations, plusieurs chefs de familles sont jetés à la rue. Parmi eux, rares sont ceux qui parviennent à se réinsérer professionnellement. D'où la multiplication du nombre de chômeurs.
Dix sept ans après l'ouverture démocratique au Mali, certains acquis sont en train d'être compromis. Les partis politiques, au lieu de se consolider, de pérenniser leur cohésion, se désagrégent plutôt. On assiste à l'effritement continu de la confiance entre les acteurs politiques et les électeurs.

Une grande faiblesse de notre processus électoral est la très faible participation des populations aux différents scrutins. Cette situation qui ne cesse d'être décriée ces dernières années par les acteurs politiques, les représentants de la société civile et les autorités du pays, fait l'objet d'interpellations des acteurs politiques qui ont de plus en plus mal à jouer pleinement leur rôle, leurs missions d'informations, d'éducation, de formation, de sensibilisation mais aussi de mobilisation des électeurs vers les urnes. Face à tous ces problèmes qui s'ajoutent à l'effritement de l'autorité de l'Etat, on déduit que les engagements pris lors de la conférence nationale n'ont pas été honorés. La démocratie malienne marche sur fond de laxisme.

Le sursaut récent des autorités du pays, notamment du président de la République et du Premier ministre est révélateur de ce laxisme à tous les niveaux.
En effet, la situation scolaire, l'insécurité et la hausse permanente des prix des denrées de première nécessité défraient aujourd'hui la chronique. Il est temps de procéder à un diagnostic sans complaisance de toutes les questions brûlantes de l'heure et de dégager des solutions appropriées, afin de donner plus de chance de prospérer au processus démocratique pour le bonheur de l'ensemble de la population. La réflexion engagée sur le processus démocratique au Mali n'aura de sens que lorsqu'elle permet de trouver des solutions idoines à tous ces problèmes qui entravent la marche du processus démocratique.

La déception est grande dans le camp de certains acteurs qui s'attendaient à un partage de gâteaux. Au lieu de dénoncer haut et fort les dérives et les manquements constatés, certains acteurs ont choisi l'arme de la déstabilisation. La réconciliation entamée n'a pas été vue d'un bon œil par tous. Même si des efforts ont été fait par les présidents Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, plusieurs observateurs pensent que les attentes non pas été comblées. Il faut reconnaître que le changement de comportement attendu des Maliens n'a pas suivi. La violence et le laxisme ont eu droit de cité. Pourtant, cette démocratie citée en exemple de part le monde a besoin pour sa consolidation d'un sursaut d'orgueil de tous les fils du Mali. Le changement de comportement demandé est de se mettre au travail aux côtés des responsables. Dénonçons dans le respect de l'autre le laxisme, exigeons des autorités la fermeté, la sévérité pour qu'on ne ternisse pas l'image de cette démocratie acquise dans la douleur. Dix sept après, les Maliens sont, disent-ils, restés sur leur faim.
Tiémoko TRAORE

TRANSHUMANCE POLITIQUE À SIKASSO
Retour annoncé d'une abeille prodigue !

La grande famille ADEMA- PASJ de Sikasso travaille depuis quelques mois à l'organisation d'une grande manifestation le 5 avril prochain pour saluer le retour de l'ancien maire Mamadou Tangara au sein de la Ruche.Au niveau de la Ruche de Sikasso, tout est mis en œuvre pour rendre mémorable, le retour de celui là qui fut de 1992 à 1996, le secrétaire général du parti ; nous avons nommé Mamadou Tangara, maire sortant, traité de tous les noms d'oiseaux.

Le retour au sein de la Ruche de Mamadou Tangara, alimente aujourd'hui toutes les causeries dans le Kénédougou. Pour certains, ce retour se justifie et pour d'autres, il n'a pas sa raison d'être. Ce qui est sûr et certain, c'est que tout est callé au niveau de l'instance dirigeante pour mettre fin à une incompréhension qui a trop duré.

Ce retour minutieusement préparé sera, nous apprend-on, placé sous le patronage du Pr. Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée Nationale. Homme de dialogue et de cohésion, Dioncounda Traoré est dans sa logique de reconstitution de l'ADEMA. C'est pourquoi aucun sacrifice ne sera de trop pour arriver à ses fins.

Le retour de Tangara comme tant d'autres s'inscrit dans cette logique de réconciliation et de reconstitution. A un moment où la cohésion et l'unité du parti étaient fortement entamées. Dioncounda a crié haut et fort son ambition d'aller vers l'ADEMA originelle.
Depuis quelques temps les actes posés dans le cadre du pardon, de la réconciliation sont en train de porter fruit.

Après un temps à l'exode Mamadou Tangara, arrive de nouveau à l'ADEMA pour signifier sa présence au sein de la grande famille politique bien structurée et bien implantée sur le territoire. Ainsi, après les moments d'incompréhension, place à l'écoute, au pardon et à la retrouvaille.
Sinaly

 

Par LE POUCE
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